APO33

Ecos, espace d’expérimentation ouvert, processus d’écosophication

site web d’Ecos

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La Rencontre Internationale d’Eco-création qui s’est déroulée du 21 au 27 août 2006 dans le parc de la Maison Radieuse de Rezé a réuni divers acteurs européens et locaux issus d’horizons disciplinaires et pratiques multiples : artistes, ingénieurs, bricoleurs, jardiniers, paysans, architectes, philosophes, écrivains… Cette rencontre a pris la forme d’un campement autogéré installé dans le parc de la Maison Radieuse. Tout au long de la semaine diverses expériences ont été menées autour de problématiques telles que l’écoconstruction, le biomachinique, la biodiversité urbaine, le biomimétisme : des installations évolutives dans le parc, des ateliers de bricolage, des excursions, des moments de réflexion, de présentation de travaux, de débats, d’échanges divers entre acteurs, habitants de la Maison Radieuse ou publics de passage.

Par le choix de ce lieu, cette rencontre s’inscrit symboliquement dans une approche critique par rapport aux questionnements et propositions des avant-gardes modernistes du XXème siècle dont Le Corbusier fait figure de symbole. Positionnement critique en ce que ici il ne s’agit pas de produire un modèle d’habitat correspondant à un « homme modèle » (le modulor), un immeuble comme ensemble d’habitations où tout le monde est logé à la même enseigne, mais d’expérimenter et d’inventer des modalités multiples de vivre en se mobilisant dans un environnement donné. L’hypothèse de départ étant de renverser la logique selon laquelle l’homme serait la mesure de toute chose. Ce positionnement s’indique donc comme critique par rapport à la vision moderniste du monde, mais aussi par rapport aux discours et pratiques d’intégration de l’enjeu écologique par les politiques actuelles qui, sous couvert d’une prise en compte de l’environnement dans sa diversité, transforment le monde lui-même en vaste laboratoire afin de le reconstruire par et pour l’homme 1).

L’enjeu de cette Rencontre consiste à ouvrir un espace d’expérimentation évolutif qui crée des extériorités, des disjonctions et des hybridations multiples, non reproductibles dans leurs gestes, singulières dans leurs tracés et trajectoires.

L’éco-création s’inscrit au coeur de cette démarche, non pas en tant que création « écologique », mais en tant que création qui ouvre sans cesse la dynamique de l’ « eco », du milieu dans lequel elle s’inscrit, agençant les composantes qui le constitue ou chacune de ceux ou celles qui le parcourent ou le traversent selon des rencontres fortuites ou des agrégations imprévues, soumises à des forces désirantes.

Ouvrir l’eco sur l’exo.

L’éco-création désigne la pratique transversale par laquelle s’inventent des économies et écologies alternatives auprès d’une micro-communauté située dans un milieu matériel donné. Elle engage la mise en oeuvre d’expérimentations eco-poïétiques, hybridation et mutation de composants (hét)érogènes.

Comment croiser les pratiques et disciplines pour mettre en branle ce processus de questionnement et d’expérimentation ? Dans quels espaces les croiser ? Selon quelles temporalités les expérimenter ? Comment articuler les multiples approches, langages et techniques ?

La Rencontre Internationale d’Eco-création pourrait se voir comme un espace d’expérimentation et d’invention de techniques d’ouverture.

Ouverture dans l’espace

L’espace de cette Rencontre ne se présente pas comme formant un espace laboratoire isolé, coupé du « monde extérieur », mais s’inscrit dans un milieu matériel, dans un contexte social (le quartier de la Maison Radieuse, ses 1000 habitants, son fonctionnement caractéristique, son positionnement dans la ville de Rezé) et dans un environnement (celui du parc, avec les différentes formes de vie végétale et animale qui le composent). Les pratiques et techniques mises en oeuvre travaillent à même le milieu, en interaction constante avec lui, générées par cette interaction. Elles questionnent les manières dont ce lieu est pratiqué et habité. La difficulté consiste alors à trouver comment faire avec le milieu, sans non plus en dépendre exclusivement. Il ne s’agit pas de fusionner avec le contexte, mais de déployer des actes et techniques qui l’interrogent dans son fonctionnement, dans sa mécanique, dans sa logique, qui proposent des dynamiques et bifurcations possibles, des ouvertures multipistes. Donc essayer de se trouver dans des situations déplacées, aussi bien inattendues qu’équivoques : dans l’espace par exemple (choix d’intervenir dans le parc et non sur le bâtiment de la Maison Radieuse, afin de déplacer l’accent trop fortement mis sur l’architecture sur ce qui compose l’ensemble du milieu, dans son sens le plus large), dans la confrontation paradoxale du végétal et du technologique (par exemple : implantation de micro-techniques qui vont amplifier et modifier les sons produits par des insectes), dans les langages développés (à la fois langage communicationnel – c’est-à-dire immédiatement « compréhensible » par tout un chacun – et langage poétique et/ou théorique – qui demande une approche plus interprétative).

Ouverture dans la dynamique

La dynamique du projet renvoie à la fois à son déploiement temporel et aux méthodes ou approches mises en oeuvre dans le processus d’expérimentation. Il détermine la Rencontre comme espace évolutif, s’inventant et se déployant en plusieurs formes au fur et à mesure du temps et des expériences. Ainsi, de la Rencontre elle-même, inscrite sur une semaine, se sont ouvertes de multiples possibilités d’interventions au cours de l’année : présentation de la Rencontre au Musée des Beaux-Arts de Nantes dans le cadre d’une exposition sur Le Corbusier, mise en place d’une web-radio à la Maison Radieuse dans le cadre d’une résidence d’artistes, initiatives et propositions visant à repenser des manières d’investir l’environnement de la Maison radieuse (participer à la mise en place d’un système de recyclage, création d’un club multimédia …), organisation d’un atelier à Saint-Nazaire sur la captation des champs électro-magnétiques, micro-campement au plateau des Milles Vaches en Corrèze…

La démarche globale privilégie une approche empirique à une méthode programmatique. C’est dans la liaison entre l’empirisme et la méthode intuitive que les espaces se génèrent. C’est-à-dire qu’aucune représentation n’est posée a priori visant à donner telle ou telle forme à la semaine et à ce qui pourrait en sortir. Ainsi, l’organisation même de la semaine ne répond pas à un mode de programmation prédéfini (appel à projet ou bien programmation définie par un programmateur). Les membres du collectif Ecos font chacun appel à des intervenants potentiels selon des modalités diverses, à la fois traditionnelles, mais aussi par affinités de contenu ou d’approches ou même sans affinités du tout si une proposition intéressante s’offre à eux qui puisse s’inscrire dans les axes, orientations et problématiques dégagées par le collectif au cours des discussions, échanges et pratiques menées jusqu’alors.

Des problématiques et thématiques sont proposées aux intervenants pressentis. C’est ensuite à chacun de proposer une manière de les mettre en jeu, sous la forme d’une présentation, d’une installation, d’un atelier, d’une excursion, ou autre encore. Bien que la semaine soit organisée sous la forme d’un programme (atelier tel jour, excursion tel jour…) afin de permettre à un public extérieur de participer aux activités, il n’y a pas d’exigence de production, pas d’obligation d’horaire strict et la possibilité de proposer une nouvelle activité chaque jour selon les envies et rencontres. Un tableau est installé sur lequel peuvent être proposées de nouvelles activités. L’enjeu réside dans le foisonnement général des échanges et interactions qui se nourrissent les unes les autres, sans contrainte ou forme imposée. Le vivre ensemble constitue de ce point de vue une dimension déterminante, parce que les échanges entre acteurs, habitants et publics peuvent se faire à tout moment de la journée et selon diverses modalités (pendant la préparation d’un repas, au cours d’une promenade dans le parc, au moment d’aller prendre sa douche chez un habitant…). La condition de possibilité d’une telle démarche résidant dans sa dimension micro (et anti-spectaculaire). Le campement lui-même devient un grand work in progress, dans lequel sont rendus visible l’ensemble des processus à l’oeuvre.

Ouverture dans le contenu

L’espace d’expérimentation ouvert par la Rencontre génère un contenu hybride et polymorphe. La Rencontre ne se veut ni un festival d’art et de culture prenant pour thématique l’écologie, ni un campement politique alternatif orienté sur la revendication écologiste. Des composantes de chacune peuvent s’y retrouver, dans la présence de propositions artistiques ou de projets culturels d’un côté, et d’un autre dans la forme auto-organisée du campement (avec prise en charge par les acteurs de la préparation des repas, du ravitaillement en eau, de la vaisselle, de l’installation quotidienne des panneaux solaires, etc…) ou dans les débats et thématiques proposées. Mais entre ces deux pôles, une zone d’indétermination s’ouvre qui rend possible les décalages, les disruptions, les interrogations. Cette zone ne répond à aucune fonction. En elle, l’artistique, le social et le politique se reformulent selon de nouvelles coordonnées de signification. L’artistique y perd son obligation de « faire oeuvre » ou de définir une esthétique ou encore de servir d’instrument de médiation pour un travail avec des habitants. Il se transforme en poiétique, en pratique et technique de création, en mode d’investigation jouant sur les décalages et déplacements symboliques. Se crée ainsi une zone d’indétermination et de basculement entre l’espace symbolique (espace figé et fixé par la logique muséale par exemple) et l’espace pragmatique (espace du social et politique). Ces pratiques poiétiques, connectées ou embranchées sur des pratiques fonctionnelles, vont rendre possible leurs mutations et hybridations, travaillant nos manières de voir et de sentir, questionnant notre rapport au monde.

Par exemple le projet de Biotechtone, qui se distingue d’une éco-construction au sens où elle ne répond pas à une fonctionnalité pratique (faire office de maison), tout en interrogeant ce que veut dire ‘habiter’ : un processus de constructivité empirique (projet anarchitectural initié par un biotechte) qui travaille et se travaille en interaction avec l’environnement et avec l’habité et l’habitant potentiel (biotechteur) concourant ensemble à la réalisation d’un projet qui se développe ouvertement.

L’éco-création, en tant qu’elle engage la mise en oeuvre d’expérimentations eco-poïétiques, en tant qu’elle invente des techniques d’ouverture de l’eco, questionne les liens entre nos manières de vivre et notre existence. Elle propose une ouverture de la question écologique, qui tend à mettre l’accent exclusif sur l’enjeu du vivant, par une mise en tension de la vie et de l’existence : l’habiter non pas seulement comme habitat et habitation, mais comme être au monde.

Cette zone d’indétermination ouverte par l’éco-création forme un espace paradoxal, que l’on pourrait comparer à ce moment du sommeil qui se situe entre l’état de veille et le sommeil profond, aussi nommé paradoxal, d’où naît le rêve et où se jouent les forces désirantes qui ne distinguent plus ce qui appartient en propre à l’homme (sa conscience et sa construction), de ce qui a lieu en lui ou à travers lui, au-delà ou en-deçà de ses limites, pris qu’il est dans un monde qui le submerge.

Après une année de confrontations avec le terrain, la situation critique se prolonge et se développe dans la deuxième Rencontre (qui se tient fin août 2007 dans le parc de la Maison Radieuse) à travers une nouvelle approche du milieu.

Elle procède à son éclatement par une ouverture sur des lieux géographiques distants, venant impulser, de l’extérieur, de nouvelles dynamiques aux situations provoquées par l’interaction avec le milieu. Après la mise en lumière opérée par la première rencontre, la deuxième procède à une forme de diffraction de l’intérieur et de l’extérieur.

Ce sont soit les acteurs sur le terrain de la Maison Radieuse qui proposent des sorties du milieu sous la forme d’excursions, de parcours, d’émissions hertziennes.., soit des acteurs situés dans d’autres espaces géographiques qui proposent des actions dans leur contexte et des moyens de les communiquer à distance. L’interaction avec le milieu se fait alors à distance ou par la distance.

A travers ce processus d’éclatement, la Rencontre Internationale d’Eco-création se déploie comme espace nomade, voyageant d’année en année dans des milieux et contextes différents selon les propositions, rencontres ou invitations.

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(Comment envisager le texte comme discussion, penser le dialogue dans l’écriture, l’appartenance du texte à la pensée de l’auteur et la remise en question de l’auteur).

La Rencontre Internationale d’Eco-création qui s’est déroulée du 21 au 27 août 2006 dans le parc de la Maison Radieuse de Rezé a réuni divers acteurs européens et locaux issus d’horizons disciplinaires et pratiques multiples : artistes, ingénieurs, bricoleurs, jardiniers, paysans, architectes, philosophes, écrivains… Cette rencontre a pris la forme d’un campement autogéré installé dans le parc de la Maison Radieuse. Tout au long de la semaine diverses expériences ont été menées autour de problématiques telles que l’écoconstruction, le biomachinique, la biodiversité urbaine, le biomimétisme : des installations évolutives dans le parc, des ateliers de bricolage, des excursions, des moments de réflexion, de présentation de travaux, de débats, d’échanges divers entre acteurs, habitants de la Maison Radieuse ou publics de passage.

Par le choix de ce lieu, cette rencontre se nourrit pratiquement dans une désymbolisation des approches critique, critiqué des questionnements et propositions soulevés par les avant-gardes modernistes du XXème siècle dont Le Corbusier représente une des voies révélés. Dans une approche différence, en discontinuité mais se penchant sur, il ne s’agit pas seulement de produire un modèle d’habitat correspondant à un « homme modèle » (le modulor), un immeuble comme ensemble d’habitations, mais d’expérimenter et d’inventer des modalités multiples de vivre en se mobilisant dans un environnement donné. Une des hypothèses de départ étant de rendre floue la logique selon laquelle l’homme serait la mesure de toute chose. Prise de position, critique, peut-être à la fois continuité, et proposition qui étendrait la réflexion à un sens plus large mais dont les points de références croisent ceux que l’on critique dans le sens où la critique par de son modèle pour le déconstruire. Il n’est pas à priori hors cadre, hors champ, hors norme dés le départ, il a des donnés d’inscription logique au sein d’une société…, le positionnement critique n’est pas une réalité partagé par un ensemble, il est vision d’ensemble, mécanique héritée d’un habitus à se situer contre… le principe DADA, proposition toujours contre… aboutir sur une explosion de contre… finir dans la joute contre soi-même… risque du discours discontinu… en position de course à la pôle position. Les acteurs actuels d’Ecos tente,t de réfléchir, d’infléchir aussi la position d’élite pensante et / ou commercialisante amenant la société qui s’est égaré dans un meilleur chemin que l’on penserait droit, il s’agit malgré nous, de s’inventer une relation à cette histoire, à ce futur mais surtout à ce présent qui nous glisse d’entre, diantre, les doigts!

Le monde est effectivement un laboratoire par et pour l’homme… quel serait la position d’un laboratoire de ce type détourné de sa fonction première avant même que celui-ci ne soit effectif? Développé la question du laboratoire comme manière d’ouvrir et de s’ouvrir au monde, non pas contre la vision moderniste mais sur une position décalé… qui peut parfois trouvé des champs communs d’investigation, de recherche. La démarche a-méthodique, d’une méthode à coté… peut parfois trouver un écho au prés de scientifique ou de chercheurs, découvreurs, défricheurs en tout genre coincée dans une boucle de surinformation stérilisante.

Les enjeux, jouant d’eux-mêmes, de cette Rencontre consisterait à ouvrir des espaces d’expérimentation évolutif qui crée des extériorités, des disjonctions et des hybridations multiples, non reproductibles dans leurs gestes, singulières dans leurs tracés et trajectoires. L’éco-création peut se développer au coeur de telles démarches, non pas en tant que création « écologique », mais en tant que création qui ouvre sans cesse la dynamique de l’ « eco », du milieu dans lequel elle prend forme, agençant les composantes qui le constitue ou chacune de ceux ou celles qui le parcourent ou le traversent selon des rencontres fortuites ou des agrégations imprévues, soumises à des forces délirantes, se laissant parfois recomposer par ce milieu lui-même avec lequel elle tentent de composer.

tentation d’ouverture de l’eco sur l’exo… de l’exo à l’eco, dialectique improbable et permanente?

L’éco-création pourrait désigner des pratiques transversales par lesquelles s’inventerait des pseudo-économies et micro-réagencements d’écologies alternatives auprès d’une communauté, en devenir, située dans un milieu matériel donné. Elle s’engage sous différents points de vue, sous différentes angles dont celui de la mise en oeuvre d’expérimentations eco-poïétiques, eco-hybridation et biomutation de composants (hét)érogènes, ceux-ci pouvant dégénérer comme toute mutation en une chose impensable, pouvant pourrir, amenant sur des voies inconnus, là où la maîtrise fait défaut… ou nous nous faisons défaut. Pourquoi croiser les pratiques et disciplines pour mettre en branle ce processus de questionnement et d’expérimentation ? Dans quels espaces les croiser ? Selon quelles temporalités les expérimenter ? Comment articuler les multiples approches, langages sous toutes ses formes, techniques, bricolages, assemblages… pour qu’ils puissent être à la fois autonome sans être fondus dans une masse informe, un eco qui apparaîtrait dans l’exo une fois de plus rattrapé par sa propre course en avant?

La Rencontre Internationale d’Eco-création pourrait se voir comme un des lieux d’expérimentation et d’invention d’ouverture multiples pouvant se mouvoir à travers les différentes disciplines en présence.

MultI/Overture de l’espace et au delà du temps?

Le milieu matériel et le contexte social de 2006/2007 (le quartier de la Maison Radieuse, ses 1000 habitants, son fonctionnement caractéristique, son positionnement dans la ville de Rezé) et l’environnement (celui du parc, avec les différentes formes de vie végétale et animale qui le composent) nous ont amené à se poser la question des relations qui pouvaient s’établir entre les différents degrés d’investissement de chacun et sur l’interaction de tous ces éléments entre eux. Les pratiques, fictions, techniques et positions mises en oeuvre travaillant à même le milieu, en interaction constante avec lui, générées par cette interaction mais pouvant dans le même temps s’exclure ou différer dans les manières dont toute cette biosphère mi-humaine, mi-machine, mi-naturel pourrait rencontrer l’étranger, la chose qui viendrait déranger l’organisation hiérarchique des éléments. L’approche pouvant questionner les manières dont ce lieu est pratiqué et habité, vécue par des centaines d’habitants… pouvant parfois créer une désorientation vis à vis même des participants à l’événement. La difficulté consiste alors à trouver comment faire avec ce milieu, sans non plus en dépendre exclusivement, le dépasser tout en trouvant les liens qui nous relient à celui-ci… venant le chatouiller, le titiller, le brusquer parfois… . Milieu qui peut tout à la fois agir aussi fortement que nous pouvons le faire sur nos propres pratiques, le référentielle extrêmement fort du lieu venant désorienté notre propre rapport à l’environnement. Comment pouvons nous composer avec un tel dinosaure?. Tenter de se retrouver en décalage dans les situations créer, aussi bien inattendues qu’équivoques : dans l’espace par exemple (choix d’intervenir dans le parc et non sur le bâtiment de la Maison Radieuse, afin de déplacer l’accent trop fortement mis sur l’architecture sur ce qui compose l’ensemble du milieu, dans son sens le plus large), dans la confrontation paradoxale du végétal et du technologique (par exemple : implantation de micro-techniques qui vont amplifier et modifier les sons produits par des insectes), dans les langages développés, raccrochés, abordé, à peine touché (à la fois langage communicationnel et transfiguré – c’est-à-dire immédiatement « compréhensible » par tout un chacun – et langage poétique et/ou théorique, non-langage, déshumanisation du langage?).

Rencontre dans les approches et dans les dynamismes

Les dynamiques des projets d’Ecos renvoient à la fois à ses déploiements temporel, structurel et aux méthodes ou approches mises en oeuvre dans les processus d’expérimentation qui tentent de se développer. Cela amène la Rencontre sur de possible espace évolutif, s’inventant et se déployant en de nombreuses formes au delà du temps et des expériences, à travers une sorte de temporalités qui prendrait son temps, prenant le temps de poser des éléments constitutifs au milieu, nous permettant d’activer et de s’activer dans ce milieu… une bioactivation différentielle. Ainsi, de la Rencontre elle-même, inscrite sur une semaine, se sont ouvertes de multiples possibilités d’interventions au cours de l’année : présentation de la Rencontre au Musée des Beaux-Arts de Nantes dans le cadre d’une exposition sur Le Corbusier, mise en place d’une web-radio à la Maison Radieuse dans le cadre d’une résidence d’artistes, initiatives et propositions visant à repenser des manières d’investir l’environnement de la Maison radieuse (participer à la mise en place d’un système de recyclage, création d’un club multimédia …), organisation d’un atelier à Saint-St-Nazaire sur la captation des champs électro-magnétiques, micro-campement au plateau des Millevaches en Corrèze…

On est en présence ici, d’un phénomène, qui se développe depuis quelques temps au sein du regroupement d’associations autour des particules du champ électromagnétique APO33, sur la construction d’une démarche d’expérimentation du réel qui fait se croiser une approche fortement empirique basé sur une confiance en l’intuitif pouvant faire se rencontrer une vision programmatique que l’on ferait évoluer vers des oscillations non-prévues d’auto-programmation et d’auto-organisation. Est-ce à dire qu’aucune représentation n’est posée a priori visant à donner telle ou telle forme à la semaine et à ce qui pourrait en sortir? Nous sommes en train d’expérimenter même le sens de cette phrase, en fait cela serait-il possible que la forme puisse émerger du chaos lui-même, d’une rencontre de particules en mouvement?. Les membres du regroupement à géométrie variable Ecos font chacun appel à des intervenants potentiels selon des modalités diverses, à la fois traditionnelles, mais aussi par affinités de contenu ou d’approches ou même sans affinités du tout si une proposition intéressante s’offre à eux. La démarche de construction de rencontre d’approches réside aussi bien dans la confiance que les individus peuvent avoir par rapport aux propositions de chacun que dans la force de potentialité qui s’offre dans l’émergence d’une myriade de connections non-attendues, non-calculés, parfois même sur des terrains non directement lié à la thématique de départ. Il semble que la fluctuation d’énergie dans l’organisation même de l’événement trouve des inter-dépendances et relations alambiqués dans ce qui nous échappent au moment même où la forme prend corps dans un lieu… . Comment ne pas fixer le processus même par lequel nous arrivons à ce poser ces questions? Est-ce que le fait de se poser la question ou de poser des mots dessus ne serait pas le moment même où l’on perdrait sa trace… faut-il alors compter sur le facteur entropique de nos propres relations à cet chose que l’on nomme Eco , une chose qui peut changer du jour au lendemain selon l’angle où l’on s’y inscrit?

Des problématiques et thématiques sont proposées aux intervenants pressentis. C’est ensuite à chacun de proposer une manière de les mettre en jeu, sous la forme d’une présentation, d’une installation, d’un atelier, d’une excursion, ou autre encore. Bien que la semaine soit organisée sous la forme d’un programme (atelier tel jour, excursion tel jour…) afin de permettre à un public extérieur de participer aux activités, il n’y a pas d’exigence de production, pas d’obligation d’horaire strict et la possibilité de proposer une nouvelle activité chaque jour selon les envies et rencontres. Un tableau est installé sur lequel peuvent être proposées de nouvelles activités. L’enjeu réside dans le foisonnement général des échanges et interactions qui se nourrissent les unes les autres, sans contrainte ou forme imposée. Le vivre ensemble constitue de ce point de vue une dimension déterminante, parce que les échanges entre acteurs, habitants et publics peuvent se faire à tout moment de la journée et selon diverses modalités (pendant la préparation d’un repas, au cours d’une promenade dans le parc, au moment d’aller prendre sa douche chez un habitant…). La condition de possibilité d’une telle démarche résidant dans sa dimension micro (et non-spectaculaire, à échelle humaine). Le campement lui-même devient un grand work in progress, dans lequel sont rendus visible l’ensemble des processus à l’oeuvre.

Le contenu comme processus d’ouverture ou le dés-agencement du contenant

Le contenu hybride et polymorphe fait dégénérer la rencontre dans une série d’espaces d’expérimentations créer et souvent imprévus. La Rencontre se compose d’une multitude de source, d’origine, les dépassent dans le fait même de les mélanger, prenant du festival d’art et de culture ayant pour thème l’écologie, les campements politique alternatif ou bien les rencontres de hacking ou d’université d’été du type Ecool, à travers la présence de propositions de créations ou de projets culturels d’un côté, et d’un autre dans la forme auto-organisée du campement (avec prise en charge par les acteurs de la préparation des repas, du ravitaillement en eau, de la vaisselle, de l’installation quotidienne des panneaux solaires, etc…) ou dans les débats et thématiques proposées. Mais entre tous ces niveaux, les zones d’indéterminations se mettent en oeuvre qui rendent possible les décalages, les disruptions, les interrogations, les ouvertures de possibles. Ces zones ne répondent à aucune fonction, du moins en l’apparence actuel, dans une volonté de non-catégoriser les pratiques qui s’y mouvoient. En elle, l’artistique, le social et le politique se défonctionnalisent et se recomposent selon des coordonnées de signification encore indéfinissable. L’artistique y joue son obligation de « faire oeuvre » ou de définir une esthétique. Il se transforme en processus vécue et expérience sensible du présent, en mode d’investigation jouant sur les décalages et déplacements physiques et symboliques. Ces pratiques d’inventions croisés, connectées ou embranchées sur des pratiques fonctionnelles, peuvent rendre possible leurs mutations et hybridations, travaillant nos manières de voir et de sentir, questionnant notre rapport au monde, disparaissant dans le même temps où elle nous apparaissent, elles forme le terreau qui peut voir naître des formes de vie en mouvement imitant par leur modes d’interactions le vivant dans lequel elles s’inscrivent.

L’éco-création nous amène à nous questionner, dans sa mise en expérience / pratique et dans les vécues de notre environnement, les liens entre nos manières de vivre au quotidien et notre existence. Nous tentons à travers elle d’ouvrir la question écologique à d’autres domaines, dans une mise en tension de la vie et de l’existence : l’habiter non pas seulement comme habitat et habitation, mais comme expérience directe et sans médiation du monde.

Ces zones d’indéterminations développés par nos différents rapports à l’éco-création forme de possibles espaces paradoxales, que l’on pourrait comparer à ce moment du sommeil qui se situe entre l’état de veille et le sommeil profond, aussi nommé paradoxal, d’où naît le rêve et où se jouent les forces délirantes et délirantes qui ne distinguent plus ce qui appartient en propre à l’homme (sa conscience et sa construction), de ce qui a lieu en lui ou à travers lui, au-delà ou en-deçà de ses limites, pris qu’il est dans un monde qui le submerge et un être qui lui parle, qui le pousse au delà de lui-même, dans ses relations inconstante entre le réel, où ce que l’on croit être le réel, et l’instant qui se meut autour de nous et en nous.

Après une année de mise en situation sur le terrain, l’approche d’expérimentation de notre rapport à l’éco-création se développe et se prolonge dans la deuxième Rencontre (qui se tient fin août 2007 dans le parc de la Maison Radieuse) à travers différentes approches du milieu. Nous allons aborder notamment l’éclosion de l’espace du parc et de la maison radieuse par une ouverture sur des lieux géographiques distants, venant impulser, de l’extérieur, des dynamiques encore inconnus aux situations provoquées par l’interaction avec le milieu. Après la première tentative de compréhension du phénomène, la deuxième procède à une forme de diffraction de l’intérieur et de l’extérieur, à une métamorphose, à une éclosion de minuscules atomes qui vont et viennent dans le cosmos.

Ce sont soit les acteurs sur le terrain de la Maison Radieuse qui proposent des sorties du milieu sous la forme d’excursions, de parcours, d’émissions hertziennes.., soit des acteurs situés dans d’autres espaces géographiques qui proposent des actions dans leur contexte et des moyens de les communiquer à distance. L’interaction avec le milieu se fait alors à distance ou par la distance.

A travers ce processus d’éclatement, la Rencontre Internationale d’Eco-création se déploie comme espace nomade, voyageant d’année en année dans des milieux et contextes différents selon les propositions, rencontres ou invitations.

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